Municipales 2026 : le RN et l'imposture du « grand ménage »
- fede62501
- 21 juil.
- 2 min de lecture
Quel bilan pour les candidats que le RN a présentés sur ses listes pour les municipales ?
Ce bilan, le RN l’espérait infaillible. Malgré les promesses de Jordan Bardella de passer les candidatures « au laser », le scrutin municipal a confirmé le naufrage d'un parti qui, pour asseoir son ancrage local, a ouvert ses portes à ce qu'il nomme lui-même ses « brebis galeuses ».
À l'échelle de toute la France, c’est ce que nous pouvons qualifier de « système de recrutement » qui a été mis en place, ainsi qu’ont pu le documenter Médiapart, Libération ou StreetPress. Non, il ne s’agit pas de cas isolés, comme l’ont martelé Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
Ainsi plus de 250 candidats investis ou soutenus par le RN et l'UDR d'Éric Ciotti ont-ils été épinglés pour des dérives racistes, antisémites, homophobes ou des passés judiciaires incompatibles avec la gestion d'une collectivité.
Dans le Pas-de-Calais, le vernis a une nouvelle fois craqué.
À Lens, un colistier de Bruno Clavet s’affichait sur Instagram avec des références au IIIe Reich, tandis qu’à Boulogne-sur-Mer, un candidat utilisait le pseudo « Soleil Noir », symbole occulte nazi. Ces révélations, documentées par Médiacités, n'ont pourtant pas empêché le parti de maintenir sa confiance en ses troupes, Bruno Clavet ayant parlé d’une« maladresse » ou d'une « blague de jeunesse ».
Remarquons que l’argumentaire est toujours le même ; les cadres du RN l’ayant déjà utilisé pour défendre les propos tenus par Caroline Parmentier dans Présent. Ailleurs, le constat est identique.
L’hypocrisie du RN demeure principalement dans la gestion des réseaux sociaux : à Carpentras, l’investiture de Christian Richaud Simoni, qui comparait une députée racisée à un primate, a dû être retirée en urgence après les révélations de Libération ; à Colmar, une candidate comparait les migrants aux personnages de Tintin au Congo ; à Orléans, un autre s’interrogeait sur la présence de l'Afrique en Seine-Saint-Denis.
Face à cela, la direction du RN a oscillé entre le déni et l'attaque contre une presse accusée de « s’acharner » contre des citoyens ordinaires. Pourtant, les faits sont têtus : le RN n'a pu aligner 763 listes qu'en recyclant des éléments radicaux, comme à Dunkerque, où le parti a présenté une liste comportant des membres de l’Action Française.
En définitive, force est de constater qu’en 2026, la « normalisation » est une imposture au RN. Les élus qui siègent désormais dans certains de nos conseils municipaux, bien heureusement en minorité, portent cette radicalité que le parti prétendait combattre.
Nous ne sommes toutefois pas dupes : il l’a, en réalité, délibérément installée au cœur de son système.

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