Actualité parlementaire - Budget, où en est-on ?
- Fédération socialiste du Pas-de-Calais
- 16 nov. 2025
- 3 min de lecture

On fait le point avec Jérôme DARRAS, Sénateur PS du Pas-de-Calais.
Jérôme, on parle beaucoup du vote du budget de l’Etat, mais beaucoup de camarades nous disent qu’ils ont un peu de mal à s’y retrouver. Où en est-on ?
Oui, l’exercice est difficile car la procédure est complexe : examen et vote des recettes du Projet de Loi de Finances et du Projet de Loi des Finances de la Sécurité Sociale à l’Assemblée d’abord, au Sénat ensuite. Au Sénat, la majorité de droite n’hésitera pas à rétablir un budget très libéral. Une Commission Mixte Paritaire sera alors constituée pour tenter d’aboutir à un texte dit « de compromis ». Celui-ci va donc constamment évoluer d’ici là, et je comprends que nos concitoyens peinent à s’y retrouver pour le moment.
Nos parlementaires ont fait le choix, validé par nos instances, d’essayer de trouver des « compromis ». J’imagine qu’il est trop tôt pour juger de la pertinence de la stratégie que nous avons ?
Nous sommes tous d’accord sur la nécessité de rééquilibrer les comptes publics gravement dégradés par la Macronie et c’est l’honneur des Socialistes que d’avoir fait ce choix difficile, qui peut apparaître contestable à certains d’entre nous. Mais n’oublions pas que seules deux solutions se présentent : soit nous parvenons à corriger ce projet de budget afin qu’il soit plus juste, soit le Gouvernement agira par ordonnance et poursuivra la politique mise en oeuvre depuis huit ans par Emmanuel Macron.
Là où la droite veut continuer à baisser les dépenses pour ne pas augmenter la contribution des plus riches, nous voulons au contraire faire payer les plus fortunés pour maintenir les politiques de redistribution sur lesquelles notre République se fonde, et soutenir l’activité et l’emploi.
Quoi qu’il en soit, le travail des députés socialistes a déjà contraint le Gouvernement à reculer sur de nombreuses mesures. En séance, sur le budget de l’Etat, les socialistes ont obtenu la suppression de l’année blanche sur le barème de l’impôt sur le revenu et la réduction du reste à charge pour les EHPADs ; en commission, sur le budget de la Sécurité sociale, la suppression de l’année blanche pour les pensions de retraite et les prestations sociales. Le tout en mettant à contribution les grandes fortunes, les hauts patrimoines, les grandes entreprises et les multinationales à hauteur de 8,5 milliards d’euros, et en créant un nouvel impôt sur la fortune. Ce sont quelques milliards que le Gouvernement n’ira pas chercher dans la poche des classes moyennes et populaires.
Comment vois-tu la suite ?
L’Assemblée poursuit l’examen du texte. Au Sénat, nous entamerons nos travaux en séance dans les prochains jours. Personne n’est en mesure de dire à quoi ressemblera le budget au final, et des mesures totalement injustes y demeureront sans doute inscrites. Mais ce que nous devons sans cesse rappeler, c’est que le débat parlementaire permet de mettre chaque formation politique devant ses responsabilités.
Le vote du budget est un moment de vérité. Les masques tombent et montrent dans quel camp se rangent les uns et les autres. Nous Socialistes sommes dans celui de la responsabilité, pour alléger la facture des Françaises et les Français. La droite et l’extrême-droite s’installent dans leur rôle de soutien sans faille aux plus fortunés, refusant de financer les services publics et cherchant à éviter la juste imposition des plus nantis. Et le RN y ajoute celui de l’instabilité, avec la volonté de provoquer de nouvelles élections dont il ne peut sortir aucun bienfait pour les Françaises et les Français.

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