Marine Le Pen contre l'État de droit
- Fédération socialiste du Pas-de-Calais
- 16 nov. 2025
- 2 min de lecture

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen le 31 mars 2025 pour détournement de fonds publics à quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
Alors députée européenne FN (2004-2017), Marine Le Pen a usé de l’enveloppe destinée aux frais de mandat en organisant un système d’emplois fictifs au Parlement européen entre 2004 et 2016, afin de renflouer les caisses du parti. Rémunérés avec les fonds destinés aux assistants parlementaires, plusieurs collaborateurs n’ont ainsi pas (ou très peu) travaillé pour les eurodéputés auxquels ils étaient rattachés, mais pour les activités du parti.
Pour contester cette décision, Marine Le Pen, comme peuvent le faire certains de ses alliés hongrois, s’en est prise à l’État de droit, en accusant les juges – qu’elle qualifie de « rouges » – de vouloir l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Ces propos sont d’une extrême gravité. Certains de ses militants s’en sont même pris à la présidente du tribunal, l’accusant d’être d’extrême gauche pour avoir déclaré, lors d’une audition à l’Assemblée nationale en 2018, avoir eu la vocation de devenir magistrate grâce à Éva Joly. La violence d’extrême droite est donc loin d’être anodine : pour preuve, une enquête a été ouverte pour des menaces de mort postées sur le site d’extrême droite Riposte laïque visant trois magistrats de cette affaire, dont la présidente.
« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »— La Fontaine, Fables (VII), 1678
Enfin, l’attitude de Marine Le Pen rappelle incontestablement cette morale d’une célèbre fable du XVIIᵉ siècle, dénonçant une justice plus indulgente avec les puissants. En effet, en contestant sa condamnation et la décision des juges, Marine Le Pen souhaite bénéficier de ce même privilège, comme d’autres responsables politiques, notamment Nicolas Sarkozy, lui aussi prompt à remettre en cause la justice lorsqu’il est personnellement concerné, tout en prônant une plus grande sévérité pour les autres justiciables.
Le procès en appel de Marine Le Pen aura lieu en janvier 2026.
Dernière minute : le Conseil d’Etat a rejeté le recours déposé, via une « Question Prioritaire de Constitutionnalité », par Marine Le Pen pour conserver son poste de Conseillère Départementale d’Hénin- Beaumont dans l’attente de son procès en appel. Cette décision confirme celle prise précédemment par le Préfet, qui avait pris un arrêté de démission d’office contre elle. Elle devrait être remplacée à Arras par sa suppléante, Christiane Duyme.
A Pernes, le candidat Horizons, Jérôme Bodel, annonçait une liste commune avec le Rassemblement National, et en appelait à une large fusion des droites. Nous nous sommes immédiatement mobilisés, Socialistes et Jeunes Socialistes de concert, pour en appeler à une réaction des instances du Parti d’Edouard Philippe. Celle-ci ne s’est pas fait attendre, et le candidat a été démis de toutes ses responsabilités. Cependant, nous restons vigilants ; ce cas de figure risque de se reproduire dans d’autres communes.

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